De l’urgence de construire en hauteur

logement social

Logement social en crise, loi SRU non appliquée, candidats à l’élection présidentielle mobilisés sur la question du logement… Dans un contexte propice à la réflexion collective, le silence est total sur la construction en hauteur. Et pourtant, à l’heure du foncier rare et cher, seule la construction en hauteur permet la construction rapide et massive de logement à bas prix. Il suffit de voyager à Berlin, Brimingham (Tour Snow Hill 43 étages) et Varsovie (Tour Zlotta 200m de haut) pour s’apercevoir que les tours du XXIème siècle peuvent être belles, confortables et bien insérées dans le patrimoine urbain.

En 1884, la règlementation parisienne plafonne à 20 m les immeubles (à l’époque, cette hauteur constitue un « plafond » technologique). En 1970, on construit une cinquantaine de tours de 90/105 m de haut dans les 13ème et 15ème arrondissements, de 30 à 36 étages. En 2001, la majorité Delanoë vote un « PLU » qui limite la hauteur des immeubles à 25 m, sauf exception (37 m autorisé dans certains quartiers soit 12 à 14 étages). Bref, à l’heure des technologies de construction du XXIème siècle, notre pensée architecturale reste bloquée sur le XIXème.

374000 demandeurs de logements sociaux en Ile-de-France : il n’en fallait pas moins pour que le groupe communiste au Conseil de Paris lance la fronde et relance cet hiver le dossier de la construction de tours à Paris, malgré la défiance des Verts. Nos écologistes ne connaissent-ils pas le projet Hypergreen, cette tour de 246 m qui produit 70% de ses besoins énergétiques ?

50% de nos concitoyens rêvent d’habiter une maison individuelle : les tours n’ont pas bonne presse dans notre pays, chacun ayant en tête les « barres » vite et mal construites dans les « quartiers ».

Il est donc urgent de décloisonner l’opinion sur ce sujet. Les grands architectes français ont beaucoup à dire sur le sujet puisqu’ils construisent beaucoup en hauteur… hors de nos frontières !